09 décembre 2016

VIOLENT FEMMES : Memory


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres le 15 novembre 2016
Réf : PIASR421CDSP -- Édité par PIAS en Angleterre en 2016 -- For promotional use only - Not for resale
Support : CD 12 cm
Titre : Memory

Elle est déjà bien loin  l'époque où la cave des magasins Record and Tape Exchange était pleine à craquer de disques bradés. Il en reste, mais un tout petit peu : deux ou trois cartons de 45 tours à 10 pence, quelques dizaines de CD au prix abaissé à 50 pence...
J'ai quand même été content d'y trouver ce promo de Violent Femmes édité au printemps dernier.
En 2015, j'avais été attiré par de bons commentaires sur leur maxi Happy new year, l'occasion d'un énième retour. Je m'étais renseigné, mais il n'était sorti qu'en maxi 45 tours aux États-Unis. Inabordable.
Cette année, il y a eu un nouvel album, We can do anything, sans aucun des quatre titres du maxi. Memory est le premier titre de l'album, et il est aussi sorti en 45 tours, en édition limitée à 1200 exemplaires, à l'occasion du Record Store Day.
Je n'ai pas ce 45 tours, et donc pas sa face B inédite, mais j'ai le titre principal et sa pochette, et c'est déjà très bien comme ça.
A l'écoute, on se dit que Memory est une très bonne chanson, et aussi qu'elle est vraiment typique du style Violent Femmes, au point qu'elle n'aurait pas déparé sur un de leurs disques des années 1980. Il faut dire que, après quelques expériences au fil du temps, ils se concentrent sur leur formule de rock acoustique échevelé. Mais surtout, il s'avère que Memory, ainsi que d'autres chansons de l'album, fait partie de tout un lot de vieilles idées/ébauches que Gordon Gano a déterrées pour l'occasion, comme il l'a expliqué aux Inrockuptibles.
Sinon, l'histoire du groupe est elle-même un peu violente. Après plusieurs aller-retour, le batteur Victor DeLorenzo a quitté le groupe (ou en a été éjecté) en 2013, pour de bon probablement, quelques semaines après le début d'une tournée de retour de la formation originale, notamment pour des questions d'argent. Quelques années plus tôt, c'est le bassiste Brian Ritchie qui avait attaqué en justice le guitariste-chanteur Gordon Gano pour demander un partage des droits d'auteur et un accès à la comptabilité du groupe ! Mais ça a dû s'arranger, car en 2016 les deux sont toujours côte à côte sur scène.
Pour finir sur une note plus légère : j'ai passé un bon moment à lire les nombreuses anecdotes racontées sur le site du groupe, notamment celle où Jonathan Richman téléphone en pleine nuit à Gordon Gano pour s'excuser d'avoir dit du mal du groupe dans la presse trois ans plus tôt !

We can do anything est intégralement en écoute sur YouTube. L'album édité par PIAS est en vente partout.




Violent Femmes, Memory, en direct pour la radio KINK 101.9 de Portland, en mai 2016.


Violent Femmes, Memory, une version plus électrique, en public au festival Summerfest à Milwaukee, leur ville d'origine, le 7 juillet 2016.

03 décembre 2016

TERRY REID : Superlungs


Acquis à la Foire aux Disques de Cormontreuil le 12 novembre 2016
Réf : 2 C 006-91007 M -- Édité par Columbia en France en 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Superlungs -/- Stay with me baby

Les bourses aux disques ce n'est pas trop mon truc car je cherche la bonne affaire ou la curiosité plutôt que le collector. Mais quand il y en a une près de chez moi, j'y fais quand même un tour, en espérant dénicher quelque chose d'intéressant dans les cartons théoriquement bradés sous les stands. Mais quand que de simples CD sont annoncés triomphalement à 5 € comme si c'était l'affaire du siècle, je vous laisse imaginer le prix des vinyls d'époque, même en état moyen et peu recherchés...
A Cormontreuil, j'ai quand même trouvé deux-trois trucs à prix correct et, surtout, j'ai eu la chance que quelques vendeurs réellement amateurs se soient glissés parmi les pros et semi-pros. L'un d'entre eux avait une boite à chaussures de 45 tours en bon état à 1 € les trois. Inespéré ! J'en ai pris six, dont celui-ci, plus par curiosité et parce que je me doutais qu'il n'était pas trop courant que par intérêt musical, car a priori je ne pensais pas trop qu'il allait me plaire.
Terry Reid est entré dans l'histoire anecdotique du rock pour une raison toute simple : contacté pour éventuellement devenir le chanteur du groupe qui allait devenir Led Zeppelin, il a décliné l'invitation et suggéré à Page de s'intéresser au chanteur de Band of Joy, un groupe qui avait sa première partie, et aussi accessoirement à leur batteur. Il s'agissait bien sûr de Robert Plant et John Bonham. Plus tard, il a aussi refusé de devenir membre de Deep Purple.
Ce que je ne savais pas, c'est que sous son nom, Terry Reid avait déjà alors une carrière d'envergure non négligeable, avec plusieurs albums et des tournées américaines en ouverture de Cream ou des Rolling Stones.
En l'associant à Led Zeppelin, je pensais ne pas apprécier spécialement ce disque, mais j'ai été agréablement surpris à l'écoute. La production musicale est intéressante, claire et nette. Quant à Terry Reid, c'est un chanteur à coffre et à voix, certes, mais son style me convient mieux que celui de Robert Plant.
Ce 45 tours est extrait de Terry Reid, son deuxième album, sorti fin 1969. Il contient deux reprises, toutes les deux avec un son très différent des versions originales et toutes les deux à mon sens plus intéressantes que les originales. 
Superlungs est une reprise de Superlungs (My supergirl) de Donovan, sorti très peu de temps auparavant sur son album Barabajagal. Côté paroles, ce n'est sûrement pas ce que Donovan a fait de mieux, puisque sa "super fille" dans la chanson est une fan de quatorze ans aux "super poumons". Là où la version de Donovan a des côtés hippie et garage, celle de Terry Reid a une basse très claire, des guitares et de l'orgue qui en font un excellent titre pop-rock.
Je ne connaissais pas la version originale de Stay with me par Lorraine Ellison, qui date de 1966 mais, dès les premières notes de Stay with me baby, j'ai compris que l'original était une ballade soul/rhythm and blues. Cette version est à la fois puissante et pleine de maîtrise, très réussie.
Ce 45 tours est donc une bonne surprise pour moi. Mais, la photo de pochette étant celle de l'album et les deux titres en étant extraits, j'ai du mal à comprendre pourquoi il se vend en moyenne plus d'une trentaine d'euros chez Discogs. Pour beaucoup moins cher, je conseille à qui serait intéressé de se procurer le CD de 2004 Super lungs (The complete studio recordings 1966-1969).


Terry Reid, Superlungs, Rich kid blues et Highway 61 revisited, en direct dans l'émission allemande Beat Club le 31 décembre 1969.


Terry Reid, Superlungs, en direct dans l'émission ou sur la chaîne Detroit Tube Work en 1970.


La bande-annonce de Superlungs : A Terry Reid documentary. Le film complet n'a pas encore été diffusé.

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